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La crise de la santé mentale

Nous vivons dans une société axée sur le développement de tout ce qui est extérieur: les bâtiments de plus en plus hauts, les fortunes et les biens de plus en plus grands, les technologies de plus en plus modernes et les conditions de vie meilleurs (du moins pour certains). Cependant, nous payons un prix fort pour cela: -c’est la détérioration de notre monde intérieur.

Le nombre des personnes souffrant de troubles mentaux a considérablement augmenté au cours des dernières décennies. Nous vivons dans une époque où le monde politique et le monde des affaires ont cessé de soutenir les gens au profit de la création des besoins artificiels, et l’atteinte exclusive leurs désirs inconscients.

Quelles sont donc les conséquences pour l’individu ? Que se passe-t-il dans notre psyché lorsque tout ce qui nous entoure nous dit ce que nous devrions faire ?

Nous nous coupons de nous-mêmes… Nous n’avons pas le moral… Et à long terme c’est une spirale infernale où les troubles émotionnels divers prennent place.

La tristesse, l’angoisse, le stress ou la dépression ?

Il est vrai que notre humeur varie au fil des saisons, des années et des événements de notre vie. Le plus souvent passagère, il arrive aussi qu’une baisse de moral devienne persistante. Si la dépression est difficile à diagnostiquer, elle est également complexe à prendre en charge (aujourd’hui, c’est surtout à coups d’antidépresseurs qu’on la traite).

Utilisé pour tout et n’importe quoi, le mot dépression est souvent mal défini et mal compris. De ce fait, beaucoup de gens se retrouvent sous antidépresseurs pour de mauvaises raisons et souffrent de leurs effets secondaires sans être soulagés de leurs symptômes. Il est commun de ne pas avoir le moral. Pourtant, est-ce pathologique ?

Nous vivons tous sur une sinusoïde avec des jours où nous sommes en pleine forme, et des jours où nous voyons tout en noir, sans raison évidente. On parle de maladie de civilisation, car dans notre monde moderne tout doit aller vite et on attend de nous que nous soyons toujours performants. Il n’y a pas de place pour la faiblesse ni pour la morosité. Nous devons être efficaces, souriants et positifs en permanence, au risque d’être exclus de cette ronde folle qu’est notre société industrielle !

Alors, à la moindre contrariété, au moindre excès de tristesse ou d’angoisse, il faut consulter le médecin pour avoir une prescription de la pilule miracle qui nous fera voir le monde en rose, et qui nous permettra de supporter ce quotidien qui va souvent trop vite pour beaucoup de personnes. Est-ce ça la dépression ? Et l’anxiété ou le stress ? Ont-ils un quelconque rapport avec la la dépression? Que faire pour y remédier ?

C’est donc une maladie qui s’auto-alimente. Ses conséquences peuvent être diverses: isolement social, prise de poids, négligence de soi, problèmes de sommeil, absence de joie et de motivation. Ils deviennent ses causes et entraînent les gens dans une spirale infernale. Il existe pourtant des solutions naturelles contre ces terribles périodes où nous avons le moral dans les chaussettes.

Il existe de nombreuses causes, et loin de moi l’idée de vouloir en faire une liste exhaustive. Ce sont des situations personnelles et professionnelles variées qui amènent une personne vers la maladie. À cela s’ajoute un terrain plus ou moins favorable, qui peut être génétique ou psychologique, lié à notre histoire personnelle, notre éducation et aux événements qui ont marqué notre vie. Mais beaucoup de facteurs médicaux et de causes physiques peuvent aussi rendre une personne fragile et plus sensible aux événements dépressogènes. Ce sont ces causes, -que ne vais pas détailler ici et ce sera le sujet d’un autre article, – mais elles peuvent être prises en charge efficacement, permettant de traiter et de prévenir la dépression.

Les symptômes de la dépression

La dépression est donc une réaction excessive aux événements, une modification de l’humeur qui dépasse la norme et qui devient chronique et handicapante. Nous pouvons classer les symptômes de la dépression en 3 groupes :

1. Une humeur dépressive

Elle se traduit par une souffrance morale avec un sentiment de tristesse. La notion de souffrance, de douleur morale ou psychique est importante. En effet, les antidépresseurs chimiques sont des antalgiques de cette douleur
lorsqu’elle devient insupportable, au même titre que le paracétamol soulage une douleur physique. Mais dans les deux cas, le médicament ne soigne jamais la cause !


La tristesse s’accompagne d’une vision pessimiste de soi et du monde qui nous entoure. Il existe une anxiété négative et, surtout,l’apparition d’idées noires, c’est-à-dire des pensées suicidaires, même si le passage à l’acte est encore très loin et heureusement peu fréquent. Mais l’envie d’en finir, souvent parce qu’on n’arrive plus à voir de solution positive, est un sentiment fréquent et assez pathognomonique, c’est-à-dire caractéristique et univoque, de la dépression. C’est pourquoi une partie du travail de psychothérapie consiste à aider le patient à percevoir les (ou ses)
solutions pour se sortir de cette spirale négative.


Tout cela participe à la perte progressive de l’intérêt et du plaisir (anhédonie), en particulier pour les activités habituelles ou pour les échanges avec ses proches.
Le quotidien paraît terne, l’intérêt de la vie est remis en question, les contacts avec l’extérieur diminuent. La personne se dévalorise et a peur de l’avenir, qu’elle ne perçoit que comme incertain et noir.
Ce repli sur soi et l’incapacité à agir ou penser normalement entraîne de la dévalorisation et de la culpabilité, qui sont des sentiments très liés à la dépression. Cette sensation de honte isole davantage la personne déprimée, l’empêchant trop souvent de demander une aide, pourtant indispensable.

2. Un ralentissement cognitif et psychomoteur

La personne a du mal à réfléchir, à organiser ses pensées ou à soutenir une conversation, ce qui ne facilite pas le dialogue et gêne l’entourage qui voudrait aider le malade. Le dépressif a tendance à tourner en boucle, à ressasser les mêmes pensées, les mêmes angoisses.

Une fatigue intellectuelle s’installe avec des troubles de la mémoire et de la concentration. On parle alors d’idée parasite et surtout de souci obsédant ! Même la lecture est difficile. Évidemment, cette perte de capacité intellectuelle aura des répercussions dans notre travail, qui ne feront qu’aggraver la maladie, surtout si la situation professionnelle est une cause initiale de cette dépression.

3. Une fatigue physique pesante

La fatigue est l’autre composante de la dépression et souvent la première, voire notre seule plainte. Nous préférons alors parler de nos sensations physiques plutôt que de notre ressenti émotionnel. Tout devient un effort. Nous évoquons souvent de la lassitude. Et, surtout, cette fatigue n’est pas améliorée par le repos. Elle est même parfois pire le matin que le soir.

Ce symptôme nous donne une indication importante pour le choix des traitements. La gestuelle trahi cette fatigue du malade: la voix, l’expression du visage qui semble figé, l’attitude sur la chaise face au médecin. Son entourage dira souvent de lui qu’il est différent, méconnaissable. Ainsi, le langage corporel est souvent un élément majeur qui nous montre la dépression.

On peut les résumer en 9 symptômes considérés comme caractéristiques de la dépression.

  • Une tristesse quasi permanente, avec parfois des pleurs (humeur dépressive),
  • Une perte d’intérêt et du plaisir à l’égard des activités quotidiennes, même celles habituellement plaisantes (anhédonie) ,
  • Un sentiment de dévalorisation et de culpabilité excessif ou inapproprié,
  • Des idées de mort ou de suicide récurrentes, le sentiment que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue,
  • Un ralentissement psychomoteur,
  • Une fatigue (asthénie), souvent dès le matin,
  • Une perte d’appétit, souvent associée à une perte de poids,
  • Des troubles du sommeil avec, en particulier, des insomnies matinales,
  • Des difficultés attentionnelles, de concentration et de mémorisation.

Le problème est qu’à travers de ces symptômes nous pouvons aussi révéler un autre symptôme: l’anxiété. La grande majorité des personnes dépressives sont anxieuses. On parle d’ailleurs la plupart du temps de syndrome anxiodépressif. Inversement, les gens anxieux ne sont pas forcément dépressifs. Distinguer l’anxiété de la dépression est donc souvent nécessaire pour ne pas se tromper de bilan et donc de prise en charge thérapeutique.

Plusieurs types de dépression

Pour qu’une prise en charge soit efficace, elle doit toujours être personnalisée et adaptée à chaque cas. Les psychiatres ne différencient pas toujours ces diverses dépressions. En effet, sur le plan pharmacologique, on donne un peu toujours les mêmes médicaments, et l’allopathie n’a pas vraiment besoin de différencier les mécanismes en jeu. C’est pourquoi tu n’as peut-être jamais entendu parler des notions des neuromédiateur , pourtant indispensables.

Quel neurotransmetteurs nous manque ? Notre traitement en dépend!

Les neurotransmetteurs sont les molécules qui permettent aux neurones de fonctionner et surtout de communiquer entre eux. Il existe plusieurs neurotransmetteurs, mais je n’en citerai que 4 ici, car ce sont les plus importants dans le syndrome anxiodépressif :

  • le GABA est le neuromédiateur de la zénitude, il est surtout impliqué dans l’anxiété,
  • la MÉLATONINE: c’est le neuromédiateur du sommeil ;
  • la DOPAMINE est un des 2 neuromédiateurs les plus impliqués dans la dépression
  • la SÉROTONINE est souvent citée dans les questions de poids et de boulimie, mais c’est surtout le second neuromédiateur de la dépression.

Il est très important de différencier les dépressions dopaminergiques qui sont liées à des chutes de la dopamine et les dépressions sérotoninergiques en lien avec une chute de la sérotonine.

Non seulement elles sont différentes dans leurs symptômes, mais, surtout, elles ne répondront pas aux mêmes traitements! Parfois, des personnes présentent les 2 carences : dopamine ET sérotonine. On parle aussi de dépression mixte. La dopamine est considérée comme l’accélérateur du système nerveux et la sérotonine comme le frein.

En cas de dépression mixte, il faudra toujours appuyer sur le frein (traiter la sérotonine) avant de commencer à toucher à l’accélérateur (augmenter la dopamine).

Nous pouvons également différencier la dépression en fonction de sa cause. Mais ce sera le sujet d’un article suivant et la suite du dossier sur la dépression.

A très bientôt!

Guérir Naturellement

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